Analyse du cycle de vie : quel est l'impact environnemental du savon ménager solide de La Saponante ?
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Un savon ménager solide fabriqué à partir d'huiles alimentaires recyclées présente-t-il un impact environnemental différent de celui d'un liquide vaisselle conventionnel ou d'un pain de savon fabriqué à partir d'huiles végétales vierges ?
C'est pour répondre à cette question que j'ai fait réaliser une évaluation environnementale du Savon de Lorient par le cabinet Lucioles Conseil, dans le cadre du programme « Premiers pas en éco-conception », soutenu par l'ADEME.
L'objectif : mesurer les impacts environnementaux du savon ménager solide, comprendre leur origine et identifier des pistes d'amélioration.
Comment l'impact environnemental du savon a-t-il été mesuré ?
L'étude a été réalisée avec HOLIS, un outil d'analyse du cycle de vie (ACV) simplifiée, qui s'appuie sur les bases de données ecoinvent 3.8 et IMPACTS 2.02 de l'ADEME.
Deux types de résultats ont été calculés :
-
L'impact sur le changement climatique, exprimé en grammes de CO₂ équivalent (g CO₂eq).
-
Un score environnemental agrégé, exprimé en micropoints (µPts), selon la méthode ADEME 2016, qui regroupe douze catégories d'impacts environnementaux.
Cette seconde approche permet de ne pas limiter l'évaluation aux seules émissions de gaz à effet de serre.
Une analyse du cycle de vie « cradle-to-gate »
L'étude réalisée par Lucioles Conseil repose sur une approche dite « cradle-to-gate », littéralement « du berceau à la porte de l'usine ».
Le périmètre retenu dans le rapport comprend les matières premières, la fabrication et la distribution du Savon de Lorient, selon les hypothèses définies dans l'étude.
En revanche, les étapes d'utilisation et de fin de vie du savon vaisselle ne sont pas incluses dans l'évaluation.
Le rapport précise notamment que la consommation d'eau, l'énergie nécessaire pour la chauffer et le traitement des eaux usées peuvent représenter une part importante de l'impact environnemental des produits ménagers.
Les résultats présentés dans cet article concernent donc exclusivement le périmètre étudié, avant utilisation du savon ménager. Les étapes d’utilisation et de fin de vie ne sont pas à la main du fabriquant de produits ménagers mais des consommateurs.
Quel est le bilan carbone du Savon de Lorient ?
Pour un savon ménager de 160 g, Lucioles Conseil a calculé une empreinte carbone de 51 g CO₂eq.
L'étude détaille la contribution des matières premières, de la production et de la distribution à ce résultat.
D'où viennent ces émissions ?

Source : Lucioles Conseil – Répartition des émissions de CO₂ équivalent par étape, pour un savon ménager de 160 g. Périmètre de l'étude : cradle-to-gate, hors utilisation et fin de vie.
Les résultats se répartissent ainsi :
| Étape | Émissions de CO₂eq |
|---|---|
| Matières premières | 36,6 g |
| Production | 2 g |
| Distribution | 12,4 g |
| Total | 51 g |
Les matières premières constituent la contribution la plus importante. Le rapport indique qu'elles représentent 69 % de l'impact, dont 18 % pour l'enveloppe kraft.
Bien que les huiles récupérées ne se voient pas attribuer d'impact de production initiale dans cette modélisation, les autres ingrédients contribuent aux émissions, notamment en raison de leur fabrication industrielle.
La distribution représente 24 % de l'impact, sur la base d'une hypothèse de 500 km entre l'atelier de fabrication et le client final.
Enfin, la production représente 2 g CO₂eq.
Pourquoi les huiles alimentaires recyclées jouent-elles un rôle important ?
Le Savon de Lorient est fabriqué à partir d'huiles végétales recyclées récupérées localement.
Pour modéliser leur impact, Lucioles Conseil applique une règle d'allocation spécifique aux matières recyclées : les impacts liés à la production initiale des huiles ne sont pas attribués au savon.
Cette règle constitue une hypothèse importante de l'étude.
Le rapport précise également que certains composants présents en très faibles quantités n'ont pas été modélisés, soit parce que leur contribution était considérée comme négligeable, soit parce que les données correspondantes n'étaient pas disponibles dans HOLIS.
Ces éléments font partie des limites méthodologiques à prendre en compte dans la lecture des résultats.
Comment le Savon de Lorient se compare-t-il à un liquide vaisselle conventionnel ?
Lucioles Conseil a modélisé un liquide vaisselle conventionnel afin de comparer son impact à celui du Savon de Lorient.
Pour établir cette comparaison, le cabinet s'est appuyé sur la quantité de matière active : 82 % pour le savon ménager et 15 % pour le liquide vaisselle retenu dans le scénario.
Les résultats sont les suivants :
| Produit étudié | Empreinte carbone |
|---|---|
| Savon de Lorient, 160 g | 51 g CO₂eq |
| Liquide vaisselle conventionnel comparatif | 730 g CO₂eq |
Dans les conditions retenues pour l'étude, le Savon de Lorient présente 93 % d'émissions de gaz à effet de serre en moins que le liquide vaisselle conventionnel modélisé.
Le rapport met notamment en évidence la contribution des matières premières, de l'énergie de fabrication et du conditionnement du liquide vaisselle.
La bouteille plastique représente 40 % de l'impact du liquide vaisselle comparatif.
Cette différence de 93 % concerne les scénarios précis étudiés, sur le périmètre défini. Elle ne comprend pas l'utilisation et la fin de vie des produits.
Et par rapport aux savons à base d'huile de coco ou de palme ?
L'étude a également comparé le Savon de Lorient à des savons solides fabriqués à partir d'huiles végétales vierges.
Pour un savon de 160 g, les résultats obtenus sont les suivants :
| Savon étudié | Empreinte carbone |
|---|---|
| Savon de Lorient, à base d'huiles recyclées | 51 g CO₂eq |
| Savon à l'huile de coco | 340 g CO₂eq |
| Savon à l'huile de palme brute | 330 g CO₂eq |
| Savon à l'huile de palme raffinée | 468 g CO₂eq |
Le rapport indique une réduction des émissions de :
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85 % par rapport au savon à l'huile de coco ;
-
84 % par rapport au savon à l'huile de palme brute ;
-
89 % par rapport au savon à l'huile de palme raffinée.
Ces comparaisons reposent sur les hypothèses de production des différentes huiles, ainsi que sur la règle d'allocation appliquée aux huiles alimentaires recyclées.
Le bilan environnemental ne se limite pas au carbone
En complément de l'empreinte carbone, Lucioles Conseil a calculé un score environnemental agrégé selon la méthode ADEME 2016.
Pour le Savon de Lorient de 160 g, ce score atteint 7,59 µPts.
Il rassemble douze catégories d'impacts, dont le changement climatique, l'utilisation des ressources fossiles, les particules fines, l'acidification et l'eutrophisation des eaux.
Le rapport identifie notamment le changement climatique, l'utilisation des ressources fossiles et les radiations ionisantes parmi les principales contributions au score du savon ménager.
Ces résultats complètent l'analyse des émissions de CO₂ et permettent d'examiner plusieurs dimensions de l'impact environnemental du produit.
Quelles pistes d'amélioration ont été identifiées ?
L'étude de Lucioles Conseil comprend également un travail sur les pistes d'éco-conception.
Parmi les actions proposées concernant le Savon de Lorient figurent :
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Le maintien des bidons de collecte des huiles de friture en circuit fermé ;
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L'utilisation de papier recyclé pour les fourreaux ;
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La fabrication de savons de plus grand format pour réduire la quantité de papier utilisée par rapport à la quantité de savon ;
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La prise en compte des obligations liées aux emballages et à leur éco-contribution.
Ces pistes concernent notamment les matières premières et les emballages, deux postes étudiés dans l'évaluation.
Ce que révèle l'analyse du cycle de vie du Savon de Lorient
L'évaluation environnementale réalisée par Lucioles Conseil aboutit à une empreinte carbone de 51 g CO₂eq pour un Savon de Lorient de 160 g, sur le périmètre comprenant les matières premières, la fabrication et la distribution.
Les matières premières constituent la principale contribution au résultat, devant la distribution et la production.
Dans les scénarios comparatifs étudiés, le Savon de Lorient présente des émissions de gaz à effet de serre inférieures à celles du liquide vaisselle conventionnel et des savons à base d'huiles végétales vierges modélisés.
Ces résultats reposent sur des hypothèses précises, notamment la règle d'allocation appliquée aux huiles recyclées, les équivalences retenues pour les comparaisons et l'exclusion des étapes d'utilisation et de fin de vie.
L'étude permet également d'identifier les postes d'impact et les pistes d'amélioration à intégrer à la démarche d'éco-conception de La Saponante.